mercredi 3 août 2016

Matinée dans les rizières de Xin Chai.



Le soleil vient de se lever et la température atteint déjà 30°. A Xin Chai, tout le monde est réveillé et les rizières grouillent d'activité.








C'est à travers un petit sentier, que nous rejoignons la rizière, où nous allons travailler. 




Il faut parfois sauter à grandes enjambées et s’agripper pour ne pas tomber. Thien assure les passages  compliqués.


Thien (chef du village)

Nous commençons par faire des bottes avec les pousses que nous avons prélevées. Nous les transporterons ensuite, vers la parcelle où nous allons repiquer.
 



 


 


La rizière est enfin à nos pieds. 

Les plus motivés foncent tête baissée. D'autres, intimidés, hésitent à se lancer. Ils ont peur de s'enliser, de se faire piquer, grignoter les doigts de pieds ...

Au bout de quelques minutes, toutes les appréhensions sont dépassées, et nous sommes tous dans la boue, jusqu'aux mollets.






  


  






Le travail est physique, mais pas bien compliqué. 20 cm doivent séparer les lots de 3 pousses que nous devons planter. 
En fin de matinée, nous sommes courbaturés, mais heureux de les avoir aidés. Une pause bien méritée, est improvisée autour d'une tasse de thé.



 
Les femmes avec lesquelles nous avons travaillé, viennent de s'éclipser...



C'est avec de nouvelles coiffes et de belles vestes moirées, qu'elles reviendront nous remercier. 

 
  

 

Avant le déjeuner, nous avons une dernière mission à mener. Thien suggère de ne pas trop tarder. Le programme de notre journée est encore bien chargé...



Matinée dans les rizières par f1370740087

lundi 1 août 2016

Notre première soirée à Xin Chai



Thien est le chef du hameau de Xin Chai.
Sa famille a naturellement été désignée pour nous héberger.

Thien
 
La maison de Thien est simple, vide. 




Toute la richesse est concentrée dans les sacs de riz et d’engrais, entassés près de l'entrée. La maison n'a pas de porte, il n'y a rien à voler. 
Tous ceux qui passent à proximité, peuvent entrer se réchauffer ou discuter autour d'une tasse de thé. 


Les voisins


De fins matelas et des couvertures sont rassemblés près du foyer qui illumine l'obscurité. C'est le Comité Populaire qui les a apportés. 
A 12, nous serons bien serrés, dans ce petit espace enfumé. 




Malgré sa notoriété, Thien ne se sent pas à la hauteur de notre arrivée. Il se confond d'excuses face à sa pauvreté et au manque de confort qu'il va nous imposer. 

Son épouse Truong est elle aussi impressionnée. Elle n'a pas l'habitude d'accueillir autant d'invités. Pour la rassurer et la soulager, les autorités ont embauché un cuisiner réputé qu'elle n'aura qu'à seconder. 

Truong


C'est l'heure du dîner et les enfants du couple sont agités. 
Leurs petites mains se jettent sur chaque plat de viande et Thien très embarrassé, ne cesse de s'en excuser. 
Nous comprenons que notre repas est un festin auquel ils ne sont pas habitués. 
 
A la fin de la soirée, le cuisinier nous a demandé si nous étions satisfaits. Son diner étant plus que parfait, nous lui avons donné un 10, à l'unanimité.



Hiep ( fils de Thien et Truong)



Huy (fils de Thien et Truong)


Les patriarches viennent d'arriver. 


La grand mère


Pour nous honorer, la grand mère souhaite porter sa tenue de soirée. Elle est très belle avec la veste  qu'elle a confectionnée et les bijoux dont elle a hérités. 


  

Dans l'obscurité, le grand père l'observe avec beaucoup de fierté.


Le grand père


 Pour faire plus ample connaissance, Thien propose de se présenter. Sa voix a changé. Nous ressentons une étrange gravité dans les paroles qui sont prononcées.

Thien (à droite)


Il nous raconte qu'il avait 6 ans, quand il est tombé amoureux de la jolie Truong qui vit aujourd'hui à ses côtés. Leur histoire d'amour aurait put être d'une extrême simplicité, mais telle ne fut pas leur destinée. 
Quand il avait 9 ans, Thien fut marié avec une jeune fille de 12 ans qu'il n'avait jamais rencontrée. Un mariage arrangé dont il se serait bien passé. 
A 15 ans, Thien s'est rebellé et a exigé que son divorce soit prononcé. Ses parents ont cédé et payé la forte pénalité exigée par la famille déshonorée: 600 Kg de riz blanc, 160 kg de riz gluant, 3 cochons, 2 truies pleines et plusieurs millions de Dongs d'indemnité. 

Thien a retrouvé sa liberté mais de son côté Truong avait été fiancée et ses parents refusaient que son futur mariage soit déprogrammé. 
Malgré les difficultés, Thien et Truong ont continué à s'aimer en secret. 
Ils avaient 23 ans quand ils ont menacé de s'enfuir et de tout brûler si leur mariage n'était pas célébré. 

Leur volonté a fini par être exaucée et deux petits garçons sont nés, de cette union tant désirée.


Thien et Truong


Pendant ses jeunes années, Thien, étudiant infirmier, passait son temps libre à aider, les écoliers en difficulté. 
Sa générosité était appréciée et quand un nouveau chef de village dû être nommé, c'est lui qui fut désigné.

Thien est aujourd'hui un homme comblé et un chef respecté. Il gère son village avec beaucoup d'humanité et nous sommes heureux de l'avoir rencontré.

A son tour, il veut nous écouter, comprendre pourquoi nous souhaitons aider les enfants, à travers leur scolarité. Il nous demande si nous ne sommes pas découragés, face à l'ampleur des difficultés. Il  souhaite nos conseils pour sortir sa région de la pauvreté. Il veut nous entendre parler du bonheur de vivre dans un pays développé... 

Que répondre à ces questions compliquées ? 

Comment lui expliquer qu'il y a, ici, plus de sourires au mètre carré, que dans nos grandes cités ?

Comment lui parler de notre actualité et de ses incivilités, lui faire comprendre que notre société est d'une immense complexité et que le vrai bonheur est peut être dans la simplicité, que nous sommes venus chercher à ses côtés ?

Des voisins viennent d'arriver. 
Thien nous explique que le village n'a jamais accueilli d'étrangers et que chaque soir, un nouveau groupe va passer. 

Les invités souhaitent trinquer : A notre santé, à notre bonheur, à notre prospérité, à notre arrivée, à leur joie de nous rencontrer, à cette belle soirée, aux vêtements que nous avons apportés, aux sacs d’engrais que nous viendrons leur porter, à l'école que nous avons financée... 




 






La maison commence à tanguer !
Dur , dur... l'alcool de manioc a du mal à passer et c'est autour d'une tasse de thé que s’achèvera cette première soirée.

Chaque soir, un nouveau groupe est arrivé et nous avons trinqué, beaucoup chanté, et même parfois dansé, pour célébrer nos nouvelles amitiés. 

A la fin de cette première journée, notre appréhension est complètement tombée et c'est bien fatigués que sommes allés nous coucher. 

La nuit fut agitée !

Tous les villageois souhaitaient voir dormir les français, et c'est sur la pointe des pieds qu'ils ont, toute la nuit, défilés.

Dans la culture Nung'U, les femmes dorment généralement dans un coin de la maison et les hommes dans un autre. Nous avons donc demandé à Thien si le manque d'intimité, culturellement imposé, n'était pas trop compliqué à gérer. 
Il nous a répondu avec un grand sourire amusé, que lorsque toute la maisonnée était dans les bras de Morphée, tel un chat rusé, il rejoignait sa dulcinée qu'il emportait, loin des regards indiscrets. 

Il est 5h00. Le chant du coq vient de nous réveiller. 
Nous ne comprenons pas que la nuit soit déjà terminée.
Nous sommes bien fatigués et il va nous falloir du courage, pour nous laver à l'eau glacée, qui coule d'un petit robinet.




 
 Huong, Ha et Truong préparent le petit déjeuner : des crêpes et des nouilles sautées. 




Pas le temps de flemmarder, les villageois sont déjà en train de travailler et ils attendent notre arrivée.
  



mercredi 27 juillet 2016

La découverte de notre petite école.


Le soleil commence tout doucement à décliner, lorsque notre bus rouge fait son entrée dans le petit village de Chien Pho aux portes de la frontière chinoise.
Notre véhicule doit s'immobiliser car les chemins trop étroits ne lui permettront plus de passer.




Les nombreuses motos garées devant le Comité Populaire prouvent que notre arrivée a été bien préparée. 
Grâce à la mobilisation générale, notre véhicule est rapidement déchargé et nos bagages solidement arrimés sur les deux roues qui nous attendaient.



 
  

 

Une entrevue est immédiatement organisée avec les hautes autorités, et c'est autour d'une tasse de thé que nous célébrons l'aboutissement de nos projets. 


Après avoir trinqué à notre amitié, c'est à travers des chemins ravinés, que nous rejoignons la petite école, objet de toutes nos pensées.

Au sommet d'une colline, nous l'apercevons enfin.
Elle est belle, lumineuse, éclatante, dans son superbe écrin de verdure. 

Les caméras tremblent, les larmes coulent, les gorges sont nouées. 

 






 
Tam, le coordinateur et photographe du chantier vient d'arriver. 
Nous sommes heureux de découvrir son visage enjoué. 

Tam

C'est avec beaucoup de fierté qu'il nous fait visiter, la petite école que nous avons financée. 
Tout est parfait  et nous ne pouvons que le féliciter. 
Nous sommes impressionnés par la qualité du travail réalisé et nous repensons à la vieille école en bois, que nous avons remplacée. 


Ancienne école maternelle de Xin Chai


La nuit va bientôt tomber. 
Il est l'heure de rencontrer la famille qui va nous héberger. 

Nous pensons aux pots de chambre que Huong a emportés, au sol en bambou sur lequel nous allons coucher, à l'eau glacée avec laquelle il faudra se doucher, à la mousson qui menace de tomber, aux moustiques qui ne manqueront pas de nous piquer, aux reptiles et aux autres bestioles que nous allons probablement croiser... 
La peur a envahi nos pensées...

Nous sommes à présent dans l'obscurité, cernés par des collines escarpées. 
Trop tard pour reculer !
Il va falloir s'adapter...



Retour en images sur cette inoubliable fin de journée.




l'école de Xin Chai par f1370740087

lundi 25 juillet 2016

La fête du Gau Tao

Nos petites pauses  détente sur la route entre Hanoi et Hoang Su Phi furent l'occasion de belles rencontres au détour des rizières. 













Bien que nous soyons tous impatients de découvrir notre petite école, le programme de notre voyage prévoyait une première étape dans une petite bourgade pour pouvoir dès 7h00 le lendemain matin assister au marché et à la fête annuelle de Gau Tao qui se déroulait dans un petit village.






Le Gau Tao signifie en dialecte "le lieu des jeux". Ce rituel traditionnel, qui se déroule une fois par an, est pour le peuple Hmong un moment privilégié pour vénérer le ciel et la terre, pour remercier les génies d'avoir veillé sur leur bonheur, leur santé et leur prospérité.
Lieu de rencontre et de séduction pour les jeunes des différents hameaux, le Gau Tao est chaque année suivi d'heureuses fiançailles.

Compte tenu du délai de route, les sonneries de nos réveils furent programmées à 5h00 pour un départ dès 6h00. Après une année de travail bien chargée, le rythme de nos vacances bien méritées venait d'être donné...

A notre arrivée sur le lieu des festivités, un groupe de jeunes filles dansaient. La télévision locale filmait cette ronde colorée et nous avons été interviewés au sujet de notre curieuse présence dans cette région reculée.








Ce surprenant rassemblement nous a beaucoup amusé. 
Des jeunes hommes motivés tentaient, en vain, de grimper au sommet d'un interminable tronc huilé. Les jeunes filles s'amusaient de leur ingéniosité, pour tenter de décrocher, le panier enrubanné, situé à son sommet. Les personnes âgées criaient pour les encourager et la fierté se lisait, dans la démarche assurée, des courageux qui s’élançaient pour défier l'imposant pilier.
Pont entre la terre et le ciel, entre les hommes et les dieux, l'arbre imposait le respect.   




Cet été, nous n'avons remporté ni l'Euro, ni le Gau Tao...


Plus loin, des flèches fusaient vers une stratégique cible à ne surtout pas manquer.






A quelques mètres des archers, le jury du concours de musique départageait, les surprenants talents qui se succédaient.
Certains candidats bien équipés osaient une interprétation chorégraphiée, alors que d'autres tout aussi motivés, se contentaient de souffler sur une feuille serrée, entre leurs doigts expérimentés.










L'ambiance était douce, chaleureuse, authentique.
Le bonheur d'encourager, de participer, de gagner était palpable dans les regards croisés.
 
Alors que la fête battait son plein, c'est en compagnie de Monsieur Cuong que nous nous sommes discrètement éloignés. Le bon déroulement de notre séjour lui avait était confié et c'est à moto qu'il avait choisi de nous précéder, pour vérifier l'état des routes étroites et sinueuses que nous devions emprunter. 

En charge du département de la culture du district, Monsieur Cuong connaissait à la perfection sa magnifique région et son précieux carnet d'adresses nous aura permis de faire d'incroyables rencontres que nous prendrons le temps de vous raconter . 


Monsieur Cuong