dimanche 20 octobre 2019

Voyage 2019 - chapitre 7 : Notre journée à l'école de Phin Ho


Le 13 septembre, la longue attente de la citerne nous a permis de passer toute la journée  dans l’école maternelle de Phin Ho située sur la commune de De Su Phinh.



En plus de la citerne tant espérée par les institutrices, nous avions prévu une paire de bottes et un blouson pour chacun des 35 enfants scolarisés.


Cependant, pour que les familles puissent préparer la route pour permettre au camion de passer, tous les enfants du village, y compris ceux qui n’étaient pas scolarisés, étaient rassemblés à l’école pour que les institutrices puissent les garder.
A notre arrivée, ce sont donc 70 petites têtes brunes qui nous attendaient !

Comme nous n’avions prévu que 35 paires de bottes et 35 blousons, nous avons offert aux autres enfants tous les vêtements que nous avions apportés. 













Ce vendredi 13 septembre était le jour de Têt Trung Thu, la fête de mi-automne au Vietnam. 
Cette fête est également appelée fête de la lune car elle a lieu à l'occasion de la pleine lune ou fête des enfants car la tradition veut que les enfants vietnamiens reçoivent un petit cadeau à cette occasion. 

A la sortie de l'école, les 70 enfants étaient tous équipés pour l'hiver.
Ce fut notre façon de fêter avec eux Têt Trung Thu et de remercier leurs parents de s’être mobilisés toute la journée, pour nous aider. 
 



Dans cette école de Phin Ho, une institutrice prénommée Duong, nous a particulièrement touchés.
 
Duong




Duong est l'heureuse maman de deux jeunes enfants qu'elle aimerait pouvoir retrouver tous les soirs. 
Mais compte tenu de l’état du chemin qui mène à l’école, le trajet en moto est trop long et trop compliqué pour lui permettre de rentrer quand sa journée est terminée.
Alors, c'est dans sa classe, sur une palette, que Duong passe ses nuits du lundi au vendredi.
Quand elle nous a raconté ses soirées à l'école, sans sa famille, sans eau et sans électricité, Duong n'a pas pu retenir ses larmes et son chagrin nous a bouleversés.
Quand la citerne est arrivée, nous avons vu son visage s'illuminer.  
Nous mesurons à quel point cette citerne était pour elle un cadeau inespéré.






A la fin de la journée, Duong nous a demandé si nous accepterions de la filmer.
Son souhait était de pouvoir montrer à sa famille et à ses amis la passion avec laquelle elle exerçait son métier. 

Son vœux sera exaucé.
Duong recevra dans les prochains jours le lien de ce blog accompagné d'un petit mot pour lui dire à quel point son courage nous a impressionnés. 
 



mercredi 16 octobre 2019

Voyage 2019 - Chapitre 6 : L'installation de la citerne



Nous sommes le vendredi 13 septembre. 
Il est 6h30 et notre réveil vient de sonner.
Après notre mémorable journée de randonnée, nous avons bien du mal à nous lever.

Pendant le petit déjeuner, nous contactons M Giang A Sau, le chef de la commune de Xu Phinh, pour nous assurer que la citerne que nous devons installer dans la matinée, est bien arrivée.

M. Giang nous apprend qu’il a plu tous les jours depuis que nous l’avons commandée et que compte tenu de l’état de la piste qui mène à l’école, elle n’a pas pu être livrée.

Nous n'étions pas très rassurés sur le programme de notre journée, lorsque nous avons rejoint M. Giang devant le magasin où notre citerne était entreposée.




Lorsque nous le rencontrons, M Giang nous confie qu'il est lui aussi inquiet sur l'issue de notre projet, mais il nous assure qu’il fera tout son possible pour que la citerne soit montée dans la journée.
  
Il nous apprend que depuis l’aube, tout son village est mobilisé et que 70 familles sont en train de recouvrir la piste de terre fraîche, pour permettre au camion qui transportera la citerne, de passer. 

Des motos viennent d’arriver pour nous chercher.
Le chemin que nous empruntons pour monter à l'école est très accidenté et nous nous agrippons comme nous pouvons, pour ne pas tomber.
A notre arrivée, nous avons les bras complètement tétanisés et nous réalisons avec énormément de regrets, que malgré les efforts des personnes que nous avons vu travailler, aucun camion ne parviendra à passer.

M. Giang refuse de renoncer, alors il multiplie les appels pour trouver un camion et un chauffeur pour nous aider. Malgré tous les refus essuyés, il ne semble pas se décourager.

Convaincu que la citerne finira par arriver, il nous propose de monter à la cascade pour brancher les 700 m de tuyaux que des motos viennent de déposer.


 



M. Giang




Pour qu’ils ne soient pas endommagés avec le passage des buffles, les femmes du village ont creusé des tranchées pour qu’ils puissent être enterrés.




Il est midi et le téléphone de M. Giang vient une fois de plus de sonner.
C’est avec un grand sourire qu’il nous apprend qu’un chauffeur a accepté de relever le défi qu’il lui a lancé et que la citerne va bientôt arriver.
Mais rien n’est encore gagné, car le camion ne pourra démarrer que lorsque le sable, les graviers, les sacs de ciment et les 500 briques nécessaires à l’installation de la citerne seront chargés.
Alors, M Giang multiplie les appels, encore et encore, pour trouver en urgence la main d’œuvre qui permettra au camion de démarrer.

A 13h30, le camion est enfin chargé.

Pour nous, c’est l’heure du déjeuner et c’est l’estomac un peu noué que nous essayons de faire honneur au repas que les institutrices ont préparé.







Nous venons à peine de terminer que le téléphone de M. Giang vient à nouveau de sonner.
C’est le chauffeur qui compte tenu de l’état de la route veut faire demi tour pour rentrer.

M. Giang lui explique l'importance de cette citerne pour l'école et lui dit que s’il ne veut pas continuer, c’est à dos d’homme qu'elle devra être montée.

Il l’encourage et tente de le rassurer en lui expliquant qu’il trouvera, tout au long de la piste, des familles pour pousser son camion et l’aider à progresser.

C'est l'heure de la sieste pour les enfants et pour faire retomber notre stress, nous décidons de les accompagner.





Pendu à son téléphone, les traits tirés, M. Giang suit  minute après minute le trajet du chauffeur sur la piste accidentée.

A 17h00, nous apprenons que le camion se rapproche de l'école. 
Nous sommes tous, très excités, et décidons de descendre à sa rencontre pour assister au dernier kilomètre de montée.

Au bout de quelques minutes de marche dans la montagne, nous entendons klaxonner.

C'est le camion, qui complètement bloqué dans un virage, réclame de l'aide pour le  pousser. 

Malgré nos efforts, nous n'arrivons pas à le faire avancer.










C’est en versant sous ses roues, le sac d’écorce de riz qu’il transportait qu'un homme nous permettra de le désembourber.

A son arrivée à l’école, le camion est déchargé et les 500 briques montées à la cascade.

Elle seront scellées pour construire un réservoir où seront branchés les tuyaux que nous avons installés.
















Il est 18h00 et le téléphone de M. Giang vient encore de sonner !
Cet appel est une invitation pour la soirée. 
Mais M. Giang est épuisé par sa journée et confie à son ami qu'il n’aspire qu’à une seule chose : Aller se coucher.
Après cet appel, le téléphone de M. Giang n’a plus jamais sonné. 
Avec plus de 50 appels passés dans la journée, il n’avait plus de batterie, ni de forfait.

Avant de rentrer au Comité Populaire à Xu Phinh, c’est avec une immense fierté que M Giang a posé devant la citerne enfin installée.









Quelle sacrée journée !







Merci à Monsieur Giang pour son extraordinaire ténacité.

Et Merci à l’UT Brest Iroise du CMB qui a financé ce beau projet.

 




dimanche 13 octobre 2019

Voyage 2019 - Chapitre 5 : Une inoubliable journée de randonnée.


Afin de découvrir la région où nous allions mener nos projets, nous avons programmé, le 12 septembre, une grande journée de randonnée.






Accompagnés d’un guide local, nous avons marché toute la matinée à travers des paysages de toute beauté.















Vers 13h00, c'est devant un superbe panorama que nous avons fait notre pause déjeuner. 




 
Huong nous avait concocté un pique-nique, bien local, composé de pain, de bananes, de barquettes de lait concentré et de lait de soja sucré.









Requinqués par tout le sucre que nous venions d'ingurgiter, nous avons poursuivi notre trajet et subjugués par la beauté des paysages traversés, nous avons perdu toute notion du temps qui défilait.

















 







Vers 17h00, pour nous permettre d'admirer le coucher du soleil sur un versant de montagne mieux exposé, des amis du guide nous ont conduits, en moto, dans une autre vallée.



Le spectacle était magnifique mais nous avons rapidement pris conscience que dans une heure la nuit serait complètement tombée et que nous devions nous dépêcher de rentrer.

Nous avions deux possibilités : rentrer par la route  beaucoup plus longue mais sans difficulté ou raccourcir le trajet en descendant la montagne par les sentiers empruntés par les H'mong pour aller travailler.
Motivés pour rentrer rapidement nous doucher après cette longue randonnée à plus de 30°, nous avons opté à l’unanimité pour un retour par le plus court trajet.


Le terrain était très glissant et la descente fut compliquée.









 
Et une chute de plus !



Le guide qui sautait de rizières en rizières avec agilité, m’avait demandé de poser mes  mains sur ses épaules et d'avancer le regard focalisé sur mes pieds. 




 
" Pose tes deux pieds en canard, c'est la chenille qui redémarre...." 

Les paroles de ce célèbre tube des années 70 sont très faciles à fredonner, mais en équilibre sur le rebord d'une rizière, dans la pénombre, la chorégraphie est, croyez-moi, bien compliquée.







Voyant la nuit arriver, le guide a accéléré. 
Mon pied a glissé et la chenille s'est écroulée... 

En une fraction de seconde, je me suis retrouvée les pieds dans le vide et les mains miraculeusement agrippées au rebord de la rizière dont je venais de tomber.
Impossible de remonter !
Alors, à défaut d'autre plan B, je me suis laissée tomber.
Après un roulé boulé dans un champs de maïs fraichement coupé, j’avais à nouveau la terre ferme sous les pieds.

Et la nuit est complètement tombée, et c’est à la lueur de la pleine lune et de nos téléphones portables que nous avons lentement progressé. 

A 20h00, nous sommes enfin arrivés, couverts de boue et bien fatigués. 
Si nous avions choisi de rentrer par la route plus longue mais sans difficulté, à cette heure ci, nous serions probablement déjà douchés et prêts pour la soirée ...





 
Moralité de cette fin de journée :

"On rencontre sa destinée, souvent par les chemins qu'on prend pour l'éviter " 

Jean de la Fontaine